Salesforce a perdu 85 salariés vers Anthropic et OpenAI - et leur verse 300 m$ la même année

Plus de 45 anciens salariés de Salesforce ont rejoint Anthropic depuis le début de l'année, et près de 40 ont rejoint OpenAI, selon des données LinkedIn citées par The Information. Les deux laboratoires construisent leurs équipes commerciales enterprise en puisant dans ce que la publication décrit comme l'un des plus profonds réservoirs de talent logiciel B2B qui existent.
Le recrutement le plus visible est celui de Denise Dresser, qui dirigeait Slack au sein de Salesforce avant de devenir Chief Revenue Officer d'OpenAI. Jennifer Majlessi a, elle, quitté Salesforce le mois dernier pour prendre la tête du go-to-market chez OpenAI. Anthropic a recruté davantage de monde mais sans nom marquant rendu public — une source proche du dossier confirme seulement l'ampleur du mouvement.
Les clients enterprise représentent environ 40% des revenus d'OpenAI à date, et la directrice financière Sarah Friar vise 50% d'ici la fin de l'année. Vendre à des directions informatiques du Fortune 500 ne s'apprend pas en quelques mois ; les vétérans de Salesforce, Snowflake, Datadog et Palantir savent déjà le faire, et c'est là que va l'argent du recrutement.
Benioff, 2023
Fin 2023, après l'éviction puis le retour de Sam Altman, Marc Benioff avait publié sur X une offre publique : Salesforce s'engageait à aligner le salaire et les actions de tout chercheur d'OpenAI démissionnaire, invitant les candidats à lui envoyer leur CV directement à son adresse de PDG. Deux ans et demi plus tard, c'est Salesforce qui regarde son propre personnel commercial partir vers OpenAI.
Cette fuite coïncide avec un gel des embauches d'ingénieurs chez Salesforce, en place depuis 2025. Benioff l'a justifié par des gains de productivité supérieurs à 30% liés à Agentforce et aux outils d'IA internes. Les effectifs du support sont passés de 9 000 à environ 5 000 personnes sur la même période. Dans le même temps, l'entreprise prévoit d'embaucher entre 1 000 et 2 000 commerciaux supplémentaires pour porter ses produits IA auprès des clients enterprise.
Benioff a aussi annoncé, lors du podcast All-In, que Salesforce dépenserait près de 300 millions de dollars en tokens Anthropic cette année, l'essentiel pour des agents de code. Sur ce point précis, il s'est montré direct : les agents de codage sont "awesome", a-t-il dit, et Anthropic aussi.
SaaSapocalypse
L'action Salesforce a perdu environ 28% depuis janvier, dans un marché qui a vu l'indice sectoriel IGV céder plus de 21%. Jefferies a baptisé le mouvement "SaaSapocalypse" après le lancement des plugins Claude Cowork d'Anthropic, qui a ravivé les craintes d'une disruption agentique du modèle SaaS classique. Chez Wedbush, l'analyste Dan Ives juge la panique excessive, les conversations menées avec des DSI ne montrant selon lui aucun signe qu'OpenAI ou Anthropic s'apprêtent à devenir des éditeurs de logiciels d'entreprise à part entière.
Salesforce, Snowflake, Datadog et Palantir ont tous décliné ou n'ont pas répondu aux demandes de commentaire sur les départs de personnel.
TL;DR
Salesforce paie Anthropic pour automatiser son code et regarde, dans le même temps, Anthropic et OpenAI lui prendre son personnel commercial.
- Plus de 45 salariés Salesforce ont rejoint Anthropic et près de 40 OpenAI depuis janvier, dont l'ex-patronne de Slack devenue Chief Revenue Officer d'OpenAI.
- Salesforce a gelé les embauches d'ingénieurs et réduit son support de 9 000 à 5 000 postes, tout en prévoyant 1 000 à 2 000 embauches commerciales.
- Benioff prévoit de dépenser 300 millions de dollars en tokens Anthropic en 2026, alors que l'action Salesforce a perdu environ 28% depuis janvier sur fond de craintes de disruption agentique.
Questions fréquentes
Pourquoi Anthropic et OpenAI recrutent-ils spécifiquement chez Salesforce ?
Les deux laboratoires veulent accélérer leurs revenus enterprise et ont besoin de commerciaux qui savent déjà vendre à des DSI du Fortune 500 — un savoir-faire que les chercheurs IA n'ont pas.
Cette fuite de talents affaiblit-elle Salesforce sur le plan opérationnel ?
Rien dans les chiffres connus ne l'indique directement : Salesforce continue de recruter massivement côté commercial, mais la perte de cadres expérimentés comme Denise Dresser reste un coût d'opportunité réel.
Faut-il lire ce mouvement comme un signe que l'IA va remplacer Salesforce ?
Les avis sont partagés : Jefferies parle de "SaaSapocalypse" tandis que Wedbush juge la menace surestimée à ce stade, sur la base d'échanges avec des DSI clients.