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L'autorité italienne ouvre une enquête formelle sur Microsoft 365 et Copilot

Tech4B2B · · 4 min (mis à jour le )
Illustration : L'autorité italienne ouvre une enquête formelle sur Microsoft 365 et Copilot
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Le 26 juin 2026, l'Autorité Garante della Concorrenza e del Mercato a ouvert une enquête formelle sur Microsoft Ireland Operations et Microsoft Italie pour pratiques commerciales déloyales liées à la hausse des tarifs Microsoft 365. Le grief central : des abonnés ont été automatiquement migrés vers des plans plus chers intégrant Copilot et Designer sans information suffisante et sans opt-out clairement accessible. La hausse concerne les plans Personal et Family — de €99 à €149 pour la formule famille, soit +50 % — ainsi que les petites entreprises. L'enquête italienne n'est pas isolée : l'ACCC australienne a assigné Microsoft en justice en octobre 2025 pour des faits quasi-identiques impliquant 2,7 millions d'abonnés, la CMA britannique a ouvert une investigation sur les pratiques de bundling Microsoft dans les logiciels de bureau, et des nouvelles hausses tarifaires sur les SKUs enterprise entrent en vigueur le 1er juillet 2026.

L'AGCM a ouvert une enquête formelle le 26 juin 2026 sur les filiales irlandaise et italienne de Microsoft au sujet des pratiques commerciales liées à l'intégration de Copilot et Designer dans Microsoft 365. L'enquête examine si les utilisateurs ont reçu une notification claire et disposaient d'un choix réel, avec des amendes potentielles et des injonctions de remédiation susceptibles de remodeler la commercialisation des abonnements IA dans toute l'UE.

L'AGCM allègue que Microsoft n'a pas adéquatement informé les consommateurs que son service Microsoft 365 avait été intégré avec les outils d'intelligence artificielle Copilot et Designer. Les consommateurs ont été automatiquement transférés vers un plan d'abonnement plus cher à moins qu'ils n'optent activement pour ne pas le faire, tout en recevant des informations insuffisantes pour décider s'ils souhaitaient renouveler leurs contrats.

Selon des groupes de défense des consommateurs italiens, les utilisateurs ont signalé avoir vu leur abonnement annuel Microsoft 365 Family passer de €99 à €149, une augmentation de 50 % attribuée à l'ajout de fonctionnalités IA. Pour les utilisateurs qui s'appuient sur Microsoft 365 uniquement pour des tâches de travail essentielles — traitement de texte, tableurs, e-mail — le coût supplémentaire a semblé punitif.

Altroconsumo, la principale association de consommateurs italienne, avait déposé une plainte formelle auprès de l'AGCM en mai 2026, après avoir compilé des milliers de signalements d'abonnés.

Le plan "Classic" qui n'apparaissait qu'en quittant

Microsoft a proposé une alternative : les utilisateurs pouvaient basculer vers des plans "Classic" — sans Copilot, sans Designer — à l'ancien tarif. Mais le processus de transition a immédiatement suscité des critiques. Beaucoup d'utilisateurs rapportaient que les notifications atterrissaient dans leurs dossiers de courrier indésirable, tandis que d'autres signalaient que les invites intégrées étaient ambiguës, utilisant un langage comme "Améliorez votre plan pour continuer à bénéficier des avantages IA" sans indiquer clairement qu'une hausse de prix avait déjà pris effet.

La seule façon pour les clients de découvrir ces alternatives était de naviguer jusqu'à la section d'abonnement de leur compte, de sélectionner "Annuler l'abonnement", et de progresser dans le flux d'annulation jusqu'à atteindre une page révélant enfin l'option de plan Classic. Le plan de sortie comme seul chemin vers l'information sur le plan moins cher — c'est précisément l'argument central de toutes les actions réglementaires en cours.

L'Australie, avant l'Italie

L'ACCC australienne a assigné Microsoft en justice en octobre 2025, alléguant que Microsoft avait délibérément omis de mentionner les plans Classic dans ses communications et dissimulé leur existence jusqu'à ce que les abonnés aient initié le processus d'annulation pour augmenter le nombre de consommateurs sur les plans Copilot intégrés plus chers. En Australie, la hausse annuelle atteignait 45 % pour le plan Personal (de A$109 à A$159) et 29 % pour le plan Family (de A$139 à A$179). Microsoft a ensuite commencé à contacter les clients concernés pour s'excuser et proposer des remboursements — un effort qui a été entaché par des dysfonctionnements du traitement des remboursements.

L'enquête italienne arrive peu après que la CMA britannique a lancé une investigation sur le statut de marché stratégique de l'écosystème des logiciels de bureau de Microsoft. Cette enquête porte sur des questions de concurrence, notamment le bundling, les pratiques de licence, l'interopérabilité et les paramètres par défaut à mesure que l'IA s'intègre dans les logiciels de bureau professionnels.

Ce que Microsoft dit, et ce que ça ne couvre pas

La défense de Microsoft s'appuiera probablement sur l'argument que la hausse de prix n'était pas uniquement liée à l'IA. L'entreprise a investi des milliards dans les extensions de centres de données, les améliorations de sécurité et l'infrastructure nécessaire au fonctionnement des modèles IA. Dans un billet de blog de mars 2026, elle notait que la dernière hausse de prix de Microsoft 365 remontait à 2013, et que "la valeur cumulée ajoutée depuis lors — de la collaboration en temps réel à la sécurité de niveau enterprise — dépasse largement la variation de prix nominale."

L'argument est légitime sur le fond. Il ne répond pas à la question posée par les régulateurs : les clients savaient-ils ce qu'ils achetaient et avaient-ils un vrai choix ?

Les revenus de productivité et de processus d'entreprise de Microsoft ont affiché une hausse de 22 % au Q1 2026, portés en partie par les taux d'adoption de l'IA. Copilot atteint 15 millions de sièges payants en entreprise en début 2026, en croissance de 160 % sur un an. La monétisation de l'IA par le bundling fonctionne — le marché le confirme dans les résultats financiers. La question réglementaire est de savoir si elle fonctionne licitement.

Des nouvelles hausses tarifaires sur les SKUs commerciaux, gouvernementaux et internationaux entrent en vigueur le 1er juillet 2026 — cinq jours après l'ouverture de l'enquête italienne. Microsoft n'a pas modifié son calendrier.

Certains analystes estiment que l'enquête de l'AGCM, bien que procéduralement limitée à l'Italie, pourrait contraindre Microsoft à introduire un plan "classique" global, supprimant Copilot et Designer et maintenant l'ancien point de prix — ce que Microsoft a déjà fait de facto en Australie après le dépôt de la plainte. Ce mouvement rapprocherait Microsoft de ce qu'Adobe a fait après les critiques sur l'intégration obligatoire de fonctionnalités IA dans Creative Cloud.

Le DSI en renouvellement de licences Microsoft 365 avant le 1er juillet a un levier de négociation qu'il n'avait pas il y a six mois.

TL;DR

L'AGCM italienne ouvre une enquête formelle contre Microsoft pour avoir migré des abonnés vers des plans Copilot plus chers sans information suffisante — une action qui s'inscrit dans une série coordonnée de pressions réglementaires en Australie, au Royaume-Uni et en Suisse, pendant que de nouvelles hausses tarifaires enterprise entrent en vigueur le 1er juillet 2026.

  • Le grief réglementaire n'est pas le prix en lui-même mais la mécanique d'opt-out : le plan "Classic" sans Copilot n'apparaissait qu'après l'initiation d'une demande d'annulation — une architecture de choix que l'ACCC australienne a qualifiée de délibérément dissimulée, et qui a déjà conduit Microsoft à proposer des remboursements à 2,7 millions d'abonnés australiens.
  • Quatre juridictions enquêtent simultanément sur des variantes du même problème — AI bundling forcé, information insuffisante, absence d'alternative tarifaire visible — créant une pression multi-fronts que Microsoft ne peut pas gérer pays par pays sans modification structurelle de ses pratiques commerciales.
  • Pour les DSI en renouvellement avant le 1er juillet 2026, la situation réglementaire ouvre un levier contractuel concret : demander explicitement une option de licence M365 sans Copilot au tarif pré-2026, documenter la demande, et l'inscrire dans les conditions de renouvellement.

Questions fréquentes

L'enquête italienne peut-elle avoir un impact sur les contrats enterprise, ou concerne-t-elle uniquement les plans grand public ?

L'enquête de l'AGCM cible explicitement les plans Personal et Family ainsi que les petites entreprises en achat direct. Les grands contrats enterprise négociés via volume licensing ou EA sont structurellement différents et ne font pas l'objet de l'action italienne. En revanche, l'investigation CMA britannique porte sur les pratiques de bundling et de licence dans l'écosystème de logiciels de bureau — ce périmètre couvre les segments enterprise. Les deux enquêtes peuvent converger vers des remèdes communs sur la transparence des options tarifaires.

Que faire concrètement si mon organisation renouvelle ses licences Microsoft 365 avant ou après le 1er juillet 2026 ?

Trois actions immédiates : documenter par écrit une demande d'option de licence sans Copilot au tarif antérieur à la hausse, demander à votre account manager Microsoft de confirmer l'existence et le prix du plan "Classic" pour votre profil de licences, et inclure dans tout avenant de renouvellement une clause explicitant que l'intégration de nouvelles fonctionnalités IA ne peut entraîner de hausse automatique de tarif sans accord écrit préalable. Cette troisième clause est désormais défendable par la jurisprudence réglementaire en cours.

Microsoft risque-t-il une amende significative en Italie, et quel précédent cela crée-t-il pour d'autres fournisseurs SaaS ?

Les sanctions de l'AGCM pour pratiques commerciales déloyales peuvent atteindre jusqu'à 5 millions d'euros pour les infractions graves — un montant symbolique pour Microsoft mais significatif comme signal. Le précédent est plus important que le montant : si l'AGCM conclut que l'intégration forcée d'IA dans un abonnement existant sans option de refus clairement accessible constitue une pratique agressive, le raisonnement s'applique à n'importe quel éditeur SaaS qui bundle des fonctionnalités IA dans des renouvellements automatiques. Google Workspace, Adobe Creative Cloud et Salesforce sont dans des configurations comparables.

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