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L'amiral Pierre Vandier (OTAN) admet qu'il n'existe aucune alternative à Palantir

Tech4B2B · · 4 min (mis à jour le )
Illustration : L'amiral Pierre Vandier (OTAN) admet qu'il n'existe aucune alternative à Palantir
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L'amiral Pierre Vandier, commandant suprême allié pour la transformation de l'OTAN, l'a dit sans détour à Politico Europe : à sa connaissance, il n'existe aujourd'hui aucun concurrent réel à Palantir pour les systèmes d'IA militaire de l'Alliance. La déclaration survient treize mois après que l'OTAN a acquis le Maven Smart System en six mois — l'une des procédures d'achat les plus rapides de son histoire. En face, l'Allemagne a refusé Palantir pour la Bundeswehr et teste trois alternatives européennes cet été. La France a renouvelé son contrat avec la société pour la DGSI en décembre 2025. L'Europe veut la souveraineté numérique et utilise l'outil américain. Ce n'est pas une contradiction provisoire : c'est la structure du problème.

Le 21 mai, en marge de la réunion des chefs d'état-major de l'OTAN à Bruxelles, l'amiral Pierre Vandier a accordé un entretien à Politico Europe. Il dirige l'Allied Command Transformation depuis septembre 2024. C'est lui qui est officiellement chargé de préparer l'Alliance aux guerres futures.

Sa phrase est lapidaire :

"Pour autant que je sache, il n'existe aujourd'hui aucun concurrent réel à Palantir."

En mars 2025, l'OTAN a finalisé l'acquisition du Maven Smart System (MSS NATO) développé par Palantir, via l'Agence OTAN d'information et de communication (NCIA). Le contrat a été signé après seulement six mois de procédure - l'une des plus rapides de l'histoire de l'Alliance. La logique affichée à l'époque était pragmatique : prendre ce que les États-Unis utilisent déjà, sans attendre. Le système devait être déployé au sein d'Allied Command Operations dans les trente jours suivant la signature.

La même plateforme que le Pentagone a utilisée lors d'Operation Epic Fury contre l'Iran - frappant entre 5 500 et 6 000 cibles en trois semaines - est désormais opérationnelle au sommet de la structure de commandement militaire européenne.

Berlin

Le vice-amiral Thomas Daum, chef du Service cyber et du domaine informationnel de la Bundeswehr, a déclaré à Handelsblatt que Palantir "n'est absolument pas envisagé pour le moment" parce que l'armée n'est pas prête à laisser des employés d'une société américaine privée accéder à la base de données nationale.

La Bundeswehr a retenu trois candidats européens pour évaluation : les allemands Almato et Orcrist, et le français ChapsVision. Les tests logiciels sont prévus pour l'été 2026, avec une décision de contractualisation attendue avant la fin de l'année.

L'agence de renseignement intérieur allemande (BfV) a déjà tranché : elle utilisera ArgonOS de ChapsVision plutôt que Palantir pour traiter les données structurées et non structurées de ses analystes. Marc Heinrichmann, président de la commission parlementaire supervisant le renseignement allemand, a déclaré que ce choix constitue "un signal clair en faveur de la souveraineté numérique européenne" - tout en ajoutant qu'ArgonOS devra "faire ses preuves à l'usage" et que "la performance doit rester le critère premier, pas l'origine".

Alex Karp, PDG de Palantir, a répondu publiquement qu'il ne comprend pas "comment l'Allemagne croit pouvoir se permettre ça."

Paris

La France, traditionnellement présentée comme un bastion de la souveraineté numérique européenne, a approfondi sa relation avec Palantir. Le 15 décembre 2025, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a renouvelé pour trois ans le contrat qu'elle maintient avec la société depuis 2016 — contrat déjà utilisé lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Palantir présente cette décision comme "faisant partie d'un effort plus large pour soutenir la transition vers l'autonomie française".

Vandier est français. Il commande depuis Norfolk, Virginie.

Ce que dit Vandier, exactement

L'amiral ne défend pas Palantir. Il identifie une contrainte opérationnelle. Selon lui, il appartient désormais aux entreprises et gouvernements européens de démontrer qu'ils peuvent fournir des solutions équivalentes "en l'espace de mois, d'années - pas d'une décennie". À court terme, l'objectif réaliste pour l'Europe n'est pas l'autonomie technologique totale, mais le contrôle des données. "C'est ce que je définirais comme la vraie souveraineté numérique", a-t-il affirmé.

Ce positionnement - contrôle des données, pas remplacement du logiciel - est précisément ce que la Bundeswehr refuse d'accepter comme compromis. Pour Thomas Daum, accorder à des ingénieurs de Palantir un accès structurel aux données militaires nationales n'est pas une question de délai de substitution. C'est une ligne rouge.

En mars, lors du Forum Défense & Stratégie de Paris, Vandier avait déjà averti que les systèmes à verrouillage fournisseur — "où vous payez un million d'euros pour une nouvelle ligne de code" - appartiennent au passé. Il plaidait pour des KPIs de défense orientés vers le coût par tir, la scalabilité et l'interopérabilité.

Il décrit le problème. Il utilise le produit qui l'incarne.

Depuis 2009, Palantir a reçu plus de 2,7 milliards de dollars en contrats gouvernementaux américains, dont plus de 1,3 milliard du Département de la Défense.

Un eurodéputé a récemment interrogé la Commission européenne sur l'utilisation de technologies Palantir par ses agences. Aucune réponse n'a été fournie à ce jour. Selon des experts en politiques numériques, il est difficile de savoir exactement où et dans quelles conditions la technologie Palantir est utilisée en Europe, y compris par de nombreuses forces de police.

Le contrat MSS NATO ne mentionne pas de montant. L'OTAN n'a pas publié les termes.

TL;DR

L'OTAN reconnaît publiquement qu'elle n'a pas d'alternative à Palantir pour son IA militaire.

  • Le commandant suprême allié pour la transformation, l'amiral français Pierre Vandier, a déclaré qu'il n'existe "aucun concurrent réel" à Palantir — treize mois après l'acquisition du Maven Smart System en procédure d'urgence.
  • L'Allemagne teste trois alternatives européennes (Almato, Orcrist, ChapsVision) pour la Bundeswehr et refuse structurellement l'accès de Palantir aux données nationales ; la France, elle, a renouvelé son contrat avec la DGSI en décembre 2025.
  • Vandier propose comme horizon réaliste le "contrôle des données" plutôt que le remplacement du logiciel — une position que Berlin juge insuffisante.

Questions fréquentes

Pourquoi l'OTAN a-t-elle acheté Maven en six mois sans appel d'offres compétitif ?

La procédure a été justifiée par l'urgence opérationnelle et l'alignement avec les systèmes déjà utilisés par le commandement américain. En pratique, acheter ce que l'EUCOM utilisait déjà à Stuttgart supprimait les délais d'interopérabilité — mais aussi toute mise en concurrence européenne.

Qu'est-ce que ça change concrètement pour une DSI d'un État membre qui envisage Maven ?

Maven donne à des ingénieurs Palantir un accès structurel aux données traitées par le système, selon le modèle d'intégration retenu. C'est précisément ce que la Bundeswehr refuse. Pour une organisation publique, la question n'est pas fonctionnelle — elle est de savoir qui peut accéder à quelles données, dans quel cadre juridique, et avec quelle réversibilité.

ChapsVision peut-elle réellement concurrencer Palantir à l'échelle de l'OTAN ?

ArgonOS est déjà utilisé par plusieurs services gouvernementaux français, dont la DGSI — qui parallèlement maintient aussi son contrat Palantir. La BfV allemande commence à peine ses tests. La question n'est pas de capacité technique immédiate mais de vitesse d'industrialisation : Vandier fixe l'horizon à "des mois, des années" — ce qui dans le calendrier de défense signifie probablement après 2028.

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