Bataille technologique autour des puces et de l’infrastructure

En Chine, privée des meilleurs GPU américains, on assiste à une mobilisation massive pour développer des alternatives domestiques. Le fabricant Cambricon – parfois surnommé le « mini-Nvidia chinois » – annonce vouloir tripler sa production de puces IA dès 2026 (jusqu’à 500 000 unités par an) afin de combler le vide laissé par l’absence de Nvidia sur le marché local.
Autre exemple frappant : la start-up Moore Threads, spécialisée dans les GPU maison, a fait une entrée en Bourse explosive à Shanghai avec une action multipliée par cinq le jour de l’IPO.
En parallèle, aux États-Unis, la tension monte sur le contrôle des exportations : Washington envisageait d’assouplir certaines restrictions, mais un projet de loi vise au contraire à durcir le moratoire sur les ventes de puces ultra-performantes à Pékin, par crainte que celles-ci ne renforcent les capacités militaires chinoises.
Les géants américains ne restent pas inactifs : Amazon, par exemple, développe ses propres puces Trainium et en déploie déjà plus d’un million en production chez ses clients, pendant qu’AMD et Google co-conçoivent des alternatives aux GPU de Nvidia.
La compétition sur les puces et l’infrastructure est ainsi devenue un enjeu stratégique, mêlant innovation, géopolitique et économie.