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Intelligence artificielle

Snowflake rachète Natoma pour gouverner les agents IA qui fouillent dans ses données

Tech4B2B · · 5 min (mis à jour le )
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Snowflake vient d'annoncer l'acquisition de Natoma, une startup spécialisée dans la gouvernance des agents d'intelligence artificielle. L'opération vise à intégrer une couche de contrôle sur les actions des agents autonomes qui accèdent aux données stockées dans la plateforme. Le montant n'a pas été communiqué. Natoma, fondée en 2023, n'avait pas encore de client public connu au moment de l'annonce.

Sridhar Ramaswamy, le CEO de Snowflake arrivé en février 2024, a multiplié les acquisitions depuis sa prise de poste. Natoma est la cinquième en un peu plus d'un an. La thèse est simple à formuler : si les agents IA deviennent les nouveaux utilisateurs des plateformes de données, il faut gouverner ce qu'ils font, comme on gouvernait autrefois ce que les humains requêtaient.

Natoma développe un framework qui intercepte les actions des agents autonomes — lecture, écriture, appels d'API — et les soumet à des politiques de sécurité et de conformité définies par l'entreprise. En clair : un agent qui a accès à un data lakehouse ne peut pas faire n'importe quoi, même si le modèle de langage sous-jacent le lui permettrait techniquement. Le produit n'était pas encore en disponibilité générale.

L'équipe fondatrice vient de Google Cloud et de Palo Alto Networks. Trois cofondateurs, moins de vingt personnes. Ils avaient levé un seed en 2024 sans en divulguer le montant.

Cortex, encore Cortex

L'intégration se fera dans Snowflake Cortex, la couche IA de la plateforme lancée en grande pompe au Summit 2024. Cortex permet déjà de construire des agents qui interagissent avec les données Snowflake — recherche, résumé, actions automatisées. Ce qui manquait, selon Snowflake, c'était la capacité de poser des garde-fous granulaires sur ces agents une fois déployés en production.

Ramaswamy l'a formulé ainsi lors de l'annonce : « Nous ne pouvons pas demander aux entreprises de déployer des agents autonomes sur leurs données les plus sensibles sans leur donner un contrôle total sur ce que ces agents peuvent faire, voir et modifier. » Il y a dix-huit mois, le message de Snowflake portait encore essentiellement sur la performance du moteur analytique et la guerre des prix avec Databricks.

Databricks, justement, a acquis Okera en 2023 pour renforcer sa gouvernance des données dans Unity Catalog, mais n'a pas encore annoncé d'équivalent spécifique à la gouvernance des agents. Microsoft, via Copilot Studio, intègre des contrôles d'accès hérités d'Entra ID, mais la logique est différente : elle s'appuie sur l'identité de l'utilisateur humain, pas sur le comportement autonome de l'agent.

Le problème que Natoma prétend résoudre est réel. Un agent IA qui opère sur un data lakehouse peut, en théorie, enchaîner des requêtes qu'aucun analyste humain n'aurait formulées, croiser des jeux de données qui n'étaient pas censés être rapprochés, ou déclencher des écritures dans des tables de production. Les politiques RBAC classiques ne couvrent pas ces scénarios parce qu'elles raisonnent en termes d'accès, pas en termes de séquences d'actions.

Un marché qui n'existe pas encore

Gartner n'a pas encore de Magic Quadrant pour la gouvernance des agents IA. Forrester non plus. Le segment est si naissant que les fournisseurs qui s'y positionnent — Natoma, Letta, Patronus AI — se comptent sur les doigts d'une main et aucun n'a publié de revenus vérifiables. Snowflake achète donc une capacité technique et une équipe, pas une base installée.

C'est un pari sur la trajectoire. Si les agents IA restent des démos et des POC internes pendant encore deux ans, la gouvernance des agents est un problème prématuré. Si les déploiements en production s'accélèrent — ce que Snowflake affirme observer chez ses grands comptes — alors l'intégration native d'une couche de contrôle devient un argument de vente différenciant.

Au dernier earnings call, Snowflake a déclaré que les workloads IA sur Cortex avaient augmenté de 300 % en un trimestre. Le chiffre est impressionnant, rapporté à une base que Snowflake n'a pas précisée.


Cinq acquisitions en quinze mois, toutes orientées IA. Aucune n'a fait l'objet d'un montant communiqué publiquement. Le pattern est celui d'acqui-hires stratégiques plus que de rachats de produits matures.

Le bureau de Natoma était à San Francisco, dans le Mission District

Trois cofondateurs dans un open space au-dessus d'une taqueria. Le blog de l'entreprise comptait quatre articles, tous publiés entre septembre et décembre 2024. Le dernier s'intitulait « Why Agent Governance Is the Missing Layer ». Il a été retiré du site le jour de l'annonce.

Pour les DSI qui opèrent sur Snowflake aujourd'hui, l'impact immédiat est nul. Natoma n'est pas encore intégré dans Cortex, et aucune date de disponibilité n'a été annoncée. Ce qui change, c'est le signal envoyé aux équipes qui évaluent le déploiement d'agents en production : Snowflake veut que la gouvernance soit native, pas un add-on tiers.

Reste la question de l'exécution. Snowflake a racheté TruEra pour l'observabilité IA il y a un an. L'intégration dans Cortex est toujours en « preview » pour la plupart des fonctionnalités. Acheter vite et intégrer lentement, c'est un schéma connu. Ramaswamy a le mérite de ne pas le nier : « L'intégration prend du temps, mais nous préférons avoir les briques que de les chercher quand le marché sera prêt. »

Le marché sera peut-être prêt avant les briques.

TL;DR

Snowflake acquiert Natoma, une micro-startup de gouvernance des agents IA, pour contrôler ce que les agents autonomes font dans ses data lakehouses — un marché qui n'existe pas encore formellement.

• Natoma développe un framework de politiques de sécurité appliquées aux actions des agents IA (pas seulement aux accès), intégré à venir dans Snowflake Cortex.

• C'est la cinquième acquisition de Snowflake en quinze mois sous Sridhar Ramaswamy, toutes orientées IA, aucune avec un montant communiqué.

• Le produit n'était pas en disponibilité générale et aucune date d'intégration n'a été annoncée — le rythme d'intégration des précédentes acquisitions (TruEra, Samooha) reste lent.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la gouvernance des agents IA apporte de plus que les contrôles d'accès classiques (RBAC) ?

Les politiques RBAC gèrent qui accède à quoi. La gouvernance des agents gère ce qu'un agent fait une fois qu'il a accès : quelles séquences d'actions il peut enchaîner, quels croisements de données il peut opérer, quelles écritures il peut déclencher. C'est une couche comportementale, pas identitaire.

Les clients Snowflake actuels sont-ils impactés par cette acquisition ?

Pas dans l'immédiat. Natoma n'est pas encore intégré dans Cortex et aucun calendrier n'a été communiqué. L'impact est stratégique : Snowflake signale que la gouvernance des agents sera native à terme, ce qui peut peser dans les évaluations de plateformes en cours.

Databricks ou Microsoft proposent-ils un équivalent ?

Databricks a racheté Okera pour la gouvernance des données dans Unity Catalog, mais pas spécifiquement pour les agents. Microsoft applique les contrôles Entra ID à Copilot Studio, mais raisonne par identité utilisateur, pas par comportement d'agent autonome. Le segment reste largement vacant chez les grands fournisseurs.

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