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Le Parlement européen quitte Google pour Qwant, et garde Edge pour le faire

Tech4B2B · · 4 min (mis à jour le )
Illustration : Le Parlement européen quitte Google pour Qwant, et garde Edge pour le faire
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À partir du 4 juin, Qwant devient le moteur de recherche par défaut sur les navigateurs du Parlement européen, à la place de Google. La mesure touche 720 députés et plusieurs milliers d'assistants et de personnels administratifs. Le Parlement la présente au nom de la souveraineté numérique et de la protection des données. Qwant, moteur français hébergé en Europe, ne pose ni cookies tiers, ni traceurs, ni ciblage comportemental. La bascule arrive le lendemain du paquet « souveraineté technologique » de la Commission. Mais le changement est réversible — chaque utilisateur peut rebasculer sur Google — et Google détient environ 90% du marché européen de la recherche. Surtout, le moteur par défaut sur lequel Qwant s'installe tourne dans Microsoft Edge. Windows, Office et le reste de la pile américaine restent en place.

À compter du 4 juin 2026, Qwant remplace Google comme moteur de recherche par défaut sur les navigateurs Microsoft Edge et Mozilla Firefox du Parlement européen. Les requêtes tapées dans la barre d'adresse seront automatiquement routées vers Qwant. Le changement s'applique automatiquement, mais chaque utilisateur reste libre de choisir un autre moteur ou de modifier son réglage par défaut. La mesure concerne 720 députés et des milliers d'assistants et de personnels.

« Cela s'inscrit dans un cadre plus large d'actions visant à réduire la dépendance du PE aux outils numériques non-UE et à promouvoir des services européens, axés sur la confidentialité », a indiqué un porte-parole du Parlement.

Qwant, fondé en 2013, basé à Paris, hébergé en Europe, se présente comme une alternative privacy-first : pas de cookies tiers, pas de traceurs, pas de profils publicitaires, pas de revente de données. Son revenu vient d'annonces affichées sur la page de résultats - sur le côté, clairement signalées, là où Google place les siennes au-dessus des premiers résultats.

Le moteur par défaut bascule à l'intérieur de Microsoft Edge.

La bascule suit des mois de pression. En novembre dernier, un groupe transpartisan de 38 députés écrivait à la présidente du Parlement Roberta Metsola pour réclamer la sortie progressive des logiciels Microsoft et d'autres technologies étrangères, au motif que la dépendance de l'Europe à une poignée de géants américains était devenue une vulnérabilité stratégique. La même lettre visait Microsoft. Edge reste un des deux navigateurs sur lesquels Qwant devient le défaut.

Google contrôle environ 90% du marché européen de la recherche. Le changement porte sur le réglage par défaut d'une institution, pas sur une part de marché. Il est réversible d'un clic.

Le timing n'est pas isolé. Le 4 juin tombe au lendemain du paquet « souveraineté technologique » dévoilé par la Commission européenne, qui annonce des mesures sur les puces, le cloud et l'IA dans le cadre d'une démarche « Buy and Use European », et prévoit des standards de performance minimaux pour les data centers, avec une évaluation des besoins attendue pour 2027.

Cybernews a testé Qwant face à Google. Le journaliste a écrit que l'usage de Qwant donnait une impression - la phrase s'arrête là dans ce qui a filtré, et le verdict complet n'a pas été repris.

Windows, Office, téléphones et clients mail d'origine étrangère restent solidement installés au Parlement. Le moteur de recherche est le premier maillon basculé, le plus visible, et le plus facilement réversible.

TL;DR

Le Parlement européen fait de Qwant son moteur par défaut à la place de Google — un geste souverainiste réel mais réversible, et installé dans le navigateur de Microsoft.

  • Bascule automatique au 4 juin sur Edge et Firefox pour 720 députés et leurs équipes, au nom de la souveraineté numérique et de la protection des données ; chacun peut revenir à Google.
  • Qwant (français, hébergé en Europe) ne pose ni traceurs ni cookies tiers ; Google garde ~90% du marché européen de la recherche.
  • Windows, Office et Edge restent en place ; la lettre de 38 députés de novembre visait justement Microsoft, dont le navigateur héberge désormais le défaut Qwant.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui change concrètement au Parlement ?

Le moteur interrogé depuis la barre d'adresse passe de Google à Qwant, automatiquement. Rien d'autre dans la pile logicielle ne bouge, et le réglage reste modifiable par chaque utilisateur.

Est-ce un vrai désengagement des technologies américaines ?

Partiel et symbolique. Le système d'exploitation, la bureautique et l'un des deux navigateurs concernés restent américains ; seul le moteur de recherche, couche la plus légère à changer, est basculé.

Quelle portée pour une DSI publique européenne ?

Le précédent montre qu'un défaut souverain est faisable sans rupture opérationnelle. Il montre aussi sa limite : changer le moteur de recherche n'entame pas la dépendance aux couches OS et bureautique, plus coûteuses à remplacer.

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